Une entrée thématique
Masques et ruses.
Se déguiser, ruser, tromper pour mieux s'en tirer : le théâtre du vrai et du faux.
Se déguiser, mentir, ruser, jouer un rôle : la littérature de jeunesse adore les personnages qui trompent leur monde. Le Chat botté ment pour faire la fortune de son maître, Renart triche, le héros se cache sous un masque. Derrière le plaisir du tour bien joué se pose une vraie question : la ruse est-elle une intelligence, une faiblesse ou une violence déguisée ?
Cette thématique rassemble les textes du site qui explorent le masque, la ruse et le jeu du vrai et du faux. Trois manières d'y entrer : une Traverse pour un regard ciblé, une Station pour une œuvre lue de près, un Parcours pour prendre du champ.

La Nuit du visiteur, de Benoît Jacques
Le loup frappe à la porte de Mère-Grand, qui entend mal et ne se souvient plus de la formule. Cent douze pages de rimes et de patience, jusqu'à l'épuiser.

Hänsel & Gretel, illustré par Květa Pacovská
Un petit os tendu à travers les barreaux, un four retourné contre celle qui l'avait allumé.

Le hollandais sans peine, de Marie-Aude Murail
Une farce d'été tenue jusqu'au bout, devant une famille qui restera convaincue du talent de son fils pour le hollandais.

Le Portrait du Lapin, d'Emmanuel Trédez
Renard vend une toile blanche. Personne n'ose dire qu'il ne voit rien. Jusqu'au retournement final.

La Chambre du lion, d'Adrien Parlange
Chacun se cache du suivant sans jamais voir qui arrive. Le lecteur, lui, comprend la méprise avant ceux qui la vivent.

Le voleur de poule, de Béatrice Rodriguez
Un titre désigne un coupable dès la couverture, puis l'album sans texte oblige à revenir sur ce premier jugement.

Le Petit Chaperon rouge, de Warja Lavater
Le loup prend la place de la grand-mère à l'intérieur d'un disque noir : la substitution se joue sans un mot.

Björn, six histoires d'ours, de Delphine Perret
Un ours qui reçoit du courrier et se déguise en humain : le comique naît du décalage des usages.

Qui dort encore ?, d'Amélie Carpentier
Une panthère réveille les animaux de page en page : un récit à cadence pour les tout-petits.

Le chaperon, le loup et la dessinatrice, de Delphine Bournay
Le Chaperon et le loup se disputent avec leur dessinatrice la place qu'ils occupent dans la page.



Quand le masque tombe : cinq scènes de reconnaissance ou de démasquage
D'Ulysse à Pinocchio, cinq scènes où un détail, une voix ou un regard suffit à faire tomber le masque.

Il ne faut pas habiller les animaux, de Judi et Ron Barrett
Quatorze animaux mal habillés : un album à gag où le texte et l'image se répondent pour faire échouer le vêtement humain.

L'Épopée du Roi Singe : naître d'une pierre, défier le ciel
Métamorphoses, doubles, registre des enfers avalé : le Roi Singe est le trickster par excellence, qui révèle la faille d'une règle en la contournant.

Le Petit Chaperon rouge, de Charles Perrault
Le loup ne force aucune porte : il imite une voix, engage la conversation et se fait ouvrir. La ruse et le déguisement sont ici les vraies armes du prédateur.

Ce n'est pas mon chapeau, de Jon Klassen
Un petit poisson vole un chapeau et se croit malin. Le texte le suit, l'image le rattrape : tout se joue dans l'écart entre la mauvaise foi du voleur et ce que voit le lecteur.

Le rocher tombé du ciel, de Jon Klassen
Trois personnages à chapeau parlent de la meilleure place pendant qu'un rocher descend du ciel. Le lecteur voit le danger avant eux : tout se joue dans l'écart entre l'image et les mots.

Je veux mon chapeau, de Jon Klassen
Un ours cherche son chapeau, le lecteur a déjà repéré le voleur. Un album à l'humour noir où l'on apprend à lire dans l'écart entre les paroles et l'image.

Mon chat le plus bête du monde, de Gilles Bachelet
Le narrateur parle d'un chat, l'image montre un éléphant. Gilles Bachelet joue de l'écart entre texte et image et confie au lecteur le plaisir du malentendu.

La souris de M. Grimaud, de Frank et Devin Asch
Un chat s'attable devant une souris vivante, mais la proie se met à parler avec une politesse parfaite et retourne le rapport de force. Une comédie grinçante et maligne.



Le lecteur mène l'enquête : Jon Klassen
Du chapeau volé au rocher tombé du ciel, comment le texte et l'image se contredisent et font de l'enfant un véritable enquêteur.

Zoom, d'Istvan Banyai
Un album sans texte où chaque image se révèle le détail de la suivante : un jeu de cadres vertigineux et une petite leçon de regard.

Le Roman de Renart
La parole comme arme : Renart flatte, jure et promet pour mieux tromper. Le maître médiéval de la ruse, dont les coups peuvent aussi se retourner contre lui.

Le Petit Poucet, de Charles Perrault
Face à l'ogre, Poucet ne combat pas : il échange les bonnets et les couronnes. La ruse du plus faible comme art de retourner les signes.

La Barbe bleue, de Charles Perrault
Une maison, un trousseau de clefs, une porte interdite et une clef tachée de sang : le conte d'interdit de Perrault, où la curiosité met au jour un crime.

Peau d'âne, de Charles Perrault
Sous l'éclat des robes merveilleuses, le conte de Perrault raconte la fuite d'une jeune fille qui se cache sous une peau pour rester fidèle à elle-même.

Le monstre poilu, de Henriette Bichonnier
Face à un monstre qui veut la dévorer, la petite Lucile gagne par les mots : un conte de Bichonnier et Pef où la repartie fait exploser la peur.

Le mystérieux chevalier sans nom, de Cornelia Funke
Violette refuse d'être le prix d'un tournoi : sous une armure noire, elle entre en lice et change elle-même les règles. Une fable de chevalerie drôle et maligne.

La Princesse Finemouche, de Babette Cole
Finemouche ne refuse pas le jeu : elle le retourne. Épreuves piégées et baiser magique, elle triomphe par la ruse et change le prince en crapaud.