Thèmes principaux : amitié, deuil, maltraitance, emprise, dyslexie, reconstruction.
Retrouver celui qu'on avait perdu.
À quatorze ans, Julian vit chez Russell, son oncle par alliance. Après la mort accidentelle de ses parents, il avait passé huit mois chez Catherine et son fils Adam, qu'il connaissait déjà comme camarade de lecture. Russell l'a ensuite pris chez lui et a coupé les contacts avec cette famille d'accueil.
Au lycée, Julian parle peu et déjeune seul dans une pièce secrète au-dessus du théâtre. Adam, dix-huit ans, assiste la psychologue scolaire dans le cadre d'un cours. Chargé de conduire Julian à ses rendez-vous, il reconnaît celui qu'il considérait presque comme un petit frère. Leur amitié reprend. Le lecteur comprend peu à peu ce que Julian ne parvient pas encore à nommer : Russell l'isole, le frappe et lui a appris à croire qu'il mérite ses « corrections ».
Deux voix pour raconter l'emprise.
Les chapitres alternent les récits à la première personne de Julian et d'Adam. Adam pense vite et plaisante beaucoup. Sa voix bifurque sans cesse. Chez Julian, l'espace se resserre : les pièces semblent rapetisser et il rêve de se téléporter. L'emprise se donne à sentir avant même qu'il puisse la reconnaître.
Julian n'est pourtant jamais réduit à ce qu'il subit. Enfant, il a été identifié comme dyslexique. Il bute encore sur la lecture à voix haute et l'orthographe, mais remplit des cahiers d'histoires. Adam prend le temps de les déchiffrer et découvre son talent pour raconter. Pour Julian, cela compte : ses difficultés scolaires cessent peu à peu de définir toute sa valeur.
Des cages aux étoiles.
Le sens du titre original, A List of Cages, apparaît tard dans le roman, lorsque Julian dresse la liste de ce qui le retient prisonnier. Le titre français choisit les étoiles, déjà mises en avant sur la couverture. Son père lui demandait autrefois combien d'étoiles méritait sa journée : une journée extraordinaire pouvait en valoir dix mille.
Le grand coffre offert par ses parents réunit les deux images. Julian y conserve d'abord ses souvenirs. Russell finit par l'y enfermer. Sous le couvercle brillent encore les étoiles phosphorescentes que l'enfant y avait collées. L'objet du souvenir devient une cage, tout en gardant au-dessus de lui l'image d'un ciel.
Retrouver une place.
Inquiet du départ soudain de Julian, Adam retourne chez Russell et trouve son ami enfermé dans le coffre, très affaibli. Il l'emmène à l'hôpital. Pendant sa prise en charge, la garde provisoire de Julian est confiée à Catherine. Il revient ensuite vivre chez elle et Adam.
La seconde partie montre la violence beaucoup plus frontalement et se rapproche parfois du thriller. Elle perd un peu de la retenue des premiers chapitres. La réussite du roman tient surtout au chemin parcouru par Julian : d'une solitude presque totale vers une vie où plusieurs personnes comptent pour lui et où sa propre parole commence enfin à compter.
Le jour de ses quinze ans, entouré de ceux qu'il aime, il regarde le ciel. La dernière phrase reprend le titre français : « Dix millions d'étoiles. » Après les cages, l'espace s'est rouvert.
© Pocket Jeunesse · Robin Roe, trad. Caroline Bouet.

