Couverture de Blaise et le château d'Anne Hiversère, de Claude Ponti (L'École des loisirs) : une foule de poussins jaunes s'affaire sur un immense château de gâteaux, de chocolat et de crème, sous un titre en lettres rouges dégoulinantes de caramel.
© Claude Ponti / L'École des loisirs.
Titre Blaise et le château d'Anne Hiversère
Auteur et illustrateur Claude Ponti
Première édition française L'École des loisirs, 2004
Genre Album, récit merveilleux et humoristique
Âge indicatif dès 6 ans

Thèmes principaux : anniversaire, fête, gourmandise, coopération, imaginaire, humour, jeux de langage, personnages de fiction, livres et lecture, intertextualité.

Un chantier pour dix jours.

Le premier jour, les poussins envoient les invitations. Ensuite viennent les expéditions : il faut rapporter des œufs de chez Olga Ponlemonde, traire la Grande Vache Immense au bord du lac Tésibon et descendre dans une mine de chocolat. Farine, sucre et autres ingrédients rejoignent le chantier où les poussins édifient un château comestible. Au dixième jour, Anne Hiversère pourra le découvrir avec ses invités et s'en régaler en leur compagnie.

Des histoires à chercher dans les images.

Le récit suit le calendrier des préparatifs, mais les grandes illustrations ouvrent quantité de chemins de traverse. Tandis que la foule s'active, Slipododo continue de dormir, Boufniouse reste plongée dans son journal et un poussin coiffé d'un champignon réapparaît d'une page à l'autre. Même Blaise s'accorde une pause pour lire un livre sur Blaiseingrédients : sans doute pour vérifier ce qu'on raconte de lui !

Dans cet album, l'œil peut ainsi quitter le chantier pour suivre une aventure minuscule. On relit une page et l'on y découvre un détail nouveau. Les mots encouragent le même plaisir du détour. La farine doit être « éclapatouillée ». Le gâteau sera « incroyabilicieux ». Quant au prénom et au nom d'Anne Hiversère, ils suffisent à transformer un jour de fête en personnage.

Une réunion de vieilles connaissances.

Anne n'apparaît qu'au dixième jour, discrète au milieu d'une foule d'invités. On y retrouve Babar et E.T., aux côtés de nombreuses figures venues d'autres livres, de bandes dessinées ou de films. Les noms inscrits dans les pages de garde aident à les reconnaître. Pour les enfants, c'est un jeu de recherche. Pour les adultes, la scène réveille parfois des souvenirs de lecture.

Claude Ponti en donne la clé dès l'ouverture de l'album. « Longtemps je me suis couché de bonheur », écrit-il en détournant la phrase célèbre de Marcel Proust. Il évoque alors les livres lus à la lampe de poche et remercie leurs personnages ainsi que leurs créateurs. La fête d'Anne Hiversère prend une autre dimension : tous ces invités appartiennent à la bibliothèque intime d'un lecteur.

Quand la fête est finie.

Les préparatifs étaient minutieusement comptés. La fête, elle, dure si longtemps que les poussins perdent la notion des jours. Puis les tons chauds cèdent la place au mauve et au violet. Le dortoir de la dernière page rappelle celui du début, à ceci près que la porte est fermée et qu'un poussin ne dort pas.

Ce retour au calme est l'une des belles trouvailles de l'album. Son foisonnement demande du temps. Lu trop rapidement ou de trop loin, il laisse échapper une grande partie de ses petites histoires. On a envie d'y revenir pour regarder enfin ce que l'on n'avait pas vu.

Pour aller plus loin.

  • « Blaise et le château d'Anne Hiversère ». Salle Ovale, Bibliothèque nationale de France. La présentation de l'album par la bibliothèque jeunesse de la BnF, qui s'arrête sur ses jeux de mots et ses personnages.

© L'École des loisirs · Claude Ponti.