Couverture d'Olivia, d'Ian Falconer (Seuil Jeunesse).
© Seuil Jeunesse.
Titre Olivia
Titre original Olivia
Auteur et illustrateur Ian Falconer
Édition originale Atheneum Books for Young Readers, New York, 2000
Première édition française Seuil Jeunesse, 2000
Genre album narratif, portrait d'enfant
Âge indicatif à partir de 3 ans
Thèmes enfance, imagination, vie familiale, arts, affirmation de soi

Des journées à sa mesure.

L'album enchaîne des scènes familières plutôt qu'une histoire continue. Olivia vit avec ses parents, son petit frère Ian, le chien Perry et le chat Edwin. Elle déborde d'énergie, au point d'épuiser son entourage et parfois elle-même. Ian la copie sans cesse. Lorsqu'il devient trop envahissant, elle lui fait peur. Le matin, Olivia se brosse les dents et se peigne les oreilles. Pour s'habiller, elle essaie tout ce qu'elle possède avant de choisir sa tenue.

À la plage, elle bâtit un château de sable qui ressemble à un immense gratte-ciel. Les jours de pluie, sa mère l'emmène au musée avec Ian. À la maison, l'heure de la sieste donne lieu à une danse effrénée. Le soir, Olivia négocie encore le nombre de livres que sa mère lui lira. Peu à peu, cette succession d'épisodes dessine son caractère.

Une héroïne qui met la page en mouvement.

Ian Falconer dessine au fusain et à la gouache dans une gamme dominée par le blanc, le gris et le noir. Le rouge, réservé aux vêtements d'Olivia, à quelques accessoires et aux traces de peinture, accroche immédiatement le regard. Les grands espaces blancs deviennent sa scène.

L'illustration la montre parfois plusieurs fois sur la même page, comme si chaque phase de son mouvement avait été conservée. Ailleurs, un changement d'échelle suffit à faire sourire : Olivia paraît minuscule à côté de son château. Le texte raconte les faits avec calme, mais l'image révèle l'ampleur du débordement. C'est de cet écart que naît l'humour.

Regarder une œuvre, puis s'en emparer.

Au musée, Olivia contemple longuement son tableau préféré : une scène de ballet peinte par Degas. La page suivante la fait entrer parmi les danseuses. Elle apparaît sous la lumière, leurs ombres découpées derrière elle. Devant une toile de Jackson Pollock, sa réaction change. Elle affirme pouvoir en faire autant « en deux minutes ». De retour chez elle, elle projette de la peinture rouge et noire sur un mur. Sa mère intervient et la punit sur l'escalier.

Ce qu'Olivia regarde devient aussitôt une possibilité à essayer. Le livre lu au coucher porte le nom de Callas. L'image finale la montre en rêve, chantant en robe rouge devant un micro. L'art nourrit ses jeux jusque dans son sommeil.

Épuisante et pleinement aimée.

Après avoir accepté trois histoires au lieu des cinq réclamées, la mère d'Olivia lui confie qu'elle l'épuise, tout en l'aimant « quand même ». Olivia lui répond avec les mêmes mots. La fatigue demeure et l'affection aussi.

Le père, Ian et les animaux familiers restent en retrait. Ce choix concentre le regard sur Olivia et sur les réactions qu'elle provoque. Il donne au portrait sa netteté. Ian Falconer ne raconte pas une aventure continue. Il saisit une manière d'être au monde. Chez Olivia, le quotidien offre sans cesse un nouveau rôle à jouer.

Pour aller plus loin.

Sophie Van der Linden, « Les nouvelles Éloïse », La Revue des livres pour enfants, no 241, 2008 : une étude accessible qui replace Olivia parmi les héroïnes d'albums pleines de vitalité et examine la manière dont Ian Falconer inscrit leur énergie dans l'espace même du livre (texte en accès libre sur le site du CNLJ).

© Seuil Jeunesse · Ian Falconer.