Couverture de Max et les poissons, de Sophie Adriansen, illustré par Tom Haugomat (Nathan).
© Tom Haugomat / Nathan.
Titre Max et les poissons
Autrice Sophie Adriansen
Illustration Tom Haugomat
Première édition française Nathan, 2015
Genre roman historique illustré
Cadre historique la persécution des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale
Thèmes rafle du Vélodrome d'Hiver, enfant caché, séparation familiale, identité, absence
Âge indicatif dès 9 ans

L'ouvrage comprend une chronologie, un dossier documentaire et une présentation de la genèse du personnage.

Un anniversaire emporté.

Le petit Max Geiger a reçu Auguste, un poisson rouge tacheté de jaune, pour son prix d'excellence. Il porte aussi une étoile jaune. Elle lui paraît d'abord jolie avant que les moqueries de ses camarades ne lui fassent sentir qu'elle le désigne comme différent.

Le matin de son anniversaire, Max est arrêté avec ses parents et sa sœur Hélène. La police les conduit au Vélodrome d'Hiver puis au camp de Drancy. Un garde et un autre homme font passer Max derrière les barbelés et le confient à Catherine et Guy. Dans leur maison de campagne, il devient François Doucet. Après la guerre, Catherine l'accompagne à l'hôtel Lutetia où les familles consultent les listes des personnes revenues des camps. Aucun Geiger n'y figure.

Comprendre avec les mots de Max.

Le récit au présent et à la première personne épouse les raisonnements du garçon. Max ignore ce qu'est une rafle. Les policiers parlent français. Il peine donc à les croire aussi dangereux que les soldats allemands.

Max essaie de maintenir un peu d'ordre dans un monde devenu incompréhensible. Le lecteur saisit avant lui la gravité des gestes et des silences. L'émotion naît de ce décalage.

Un nom pour se cacher, un nom pour rester soi.

L'étoile impose à Max une identité visible. À la campagne, Catherine la découd et lui donne un faux nom pour le protéger. Le garçon se demande alors s'il est encore juif. Devant les listes du Lutetia, il retrouve une certitude : François Doucet est le nom qui l'a protégé, mais Geiger reste le sien.

Sa survie exige qu'il taise son prénom, son nom et l'existence même de sa famille.

Ce que gardent les poissons.

Auguste accompagne les pensées de Max après l'arrestation. L'enfant l'imagine seul dans son bol, tandis que lui-même est séparé de sa maison. Dans un cauchemar, un filet capture les membres de sa famille changés en poissons et le laisse seul sur une plage.

D'autres poissons entreront dans sa vie. Ils lui donnent une présence à observer et à soigner, sans combler la perte. La dernière phrase l'affirme : « aucune absence ne sera jamais compensée par un poisson ».

Les illustrations de Tom Haugomat prolongent cette retenue. Les silhouettes sans traits et les objets isolés au milieu de larges espaces blancs laissent les événements résonner sans les transformer en spectacle.

Une liberté historique à connaître.

Le trajet direct du Vélodrome d'Hiver à Drancy appartient à la fiction. Les familles arrêtées lors de la rafle furent transférées à Pithiviers ou à Beaune-la-Rolande. Les enfants séparés de leurs parents gagnèrent ensuite Drancy avant leur déportation. Ce repère distingue l'itinéraire de Max de l'histoire collective.

Le péritexte apporte une chronologie et un dossier documentaire. Sophie Adriansen y explique que Max est un personnage de fiction né d'un récit transmis et de ses souvenirs d'enfance. Le livre choisit ainsi de laisser parler un enfant sans lui prêter un savoir qu'il ne possède pas.

© Nathan · Sophie Adriansen · Tom Haugomat.