Couverture de L'Indien du placard, de Lynne Reid Banks (L'École des loisirs).
© L'École des loisirs.
Titre L'Indien du placard
Titre original The Indian in the Cupboard
Autrice Lynne Reid Banks
Traduction Laurence Challamel (de l'anglais)
Édition originale Doubleday, États-Unis, 1980
Première édition française L'École des loisirs, coll. « Neuf », 1989, dans la traduction de Laurence Challamel
Genre roman jeunesse fantastique
Âge indicatif dès 9 ans
Thèmes monde miniature, jeu et responsabilité, altérité, pouvoir

Une clé qui change les règles du jeu.

Pour son anniversaire, Omri reçoit de Patrick une petite figurine représentant un Indien. Son frère Gillon lui offre un vieux placard à pharmacie trouvé près des poubelles. Une clé ancienne conservée par sa mère s'adapte à la serrure. Omri enferme la figurine et tourne la clé. Le lendemain matin, elle est devenue Petit Taureau, un guerrier iroquois du XVIIIe siècle, haut d'environ sept centimètres.

Le prodige obéit bientôt à une règle : une figurine de plastique enfermée dans le placard devient un être vivant. Remise à l'intérieur et enfermée de nouveau, elle redevient plastique. Quand Patrick découvre le secret, il fait vivre Jo, un cow-boy. La rencontre avec Petit Taureau tourne à l'affrontement et Jo est grièvement blessé par une flèche. Pour le soigner, Omri fait revenir à la vie une figurine de soldat infirmier de la Première Guerre mondiale. À la demande de Petit Taureau, il anime aussi Étoile Double, une jeune femme choisie parmi d'autres figurines. Lorsque Jo est rétabli, Omri comprend que ces êtres doivent retrouver leur monde. Il les renvoie dans leurs époques respectives et confie la clé à sa mère.

Le monde vu depuis sept centimètres.

Le changement d'échelle fait une grande partie du charme du roman. Le tapis ralentit un cheval, un rat qui circule sous le plancher devient une menace mortelle. Omri apprend à déplacer ses minuscules compagnons avec précaution et à leur aménager un espace où ils peuvent vivre. Il faut aussi les nourrir. Le merveilleux oblige ainsi le garçon à prévoir les conséquences de chacun de ses gestes.

Au début, Omri parle spontanément de « son » Indien. Petit Taureau résiste à cette possession. Il refuse d'être saisi et réclame ce dont il a besoin. Lorsque Omri lui propose un tipi, il le corrige : un Iroquois, explique-t-il, vit dans une maison longue. Patrick reste plus longtemps du côté du jeu. Il veut son cow-boy, l'emporte à l'école et mesure mal les risques. Entre les deux garçons se dessine alors une différence décisive : Omri apprend à répondre de la vie d'autrui.

Ce que les westerns avaient appris à Omri.

Cette évolution touche aussi son regard sur les peuples autochtones. Omri connaît d'abord les « Indiens » à travers les westerns. Les remarques de Petit Taureau l'amènent à vérifier ce qu'il croyait savoir. À l'école, il cherche un livre sur les Iroquois. Le roman met ainsi en scène un enfant qui commence à corriger ses propres clichés.

Le livre reste pourtant marqué par certains de ces clichés qu'il interroge. Dans la version originale, Petit Taureau parle un anglais très rudimentaire, tandis que son apparence mêle des traits iroquois à une imagerie générique héritée du western. L'American Indian Library Association a vivement critiqué ces choix. Lynne Reid Banks a elle-même reconnu en 2000 qu'elle s'était trop peu documentée pour ce premier volume et que ces critiques l'avaient poussée à vérifier davantage les suivants.

© L'École des loisirs · Lynne Reid Banks.