Couverture de La Rivière à l'envers, tome 1 : Tomek, de Jean-Claude Mourlevat (Pocket Jeunesse).
© Jean-Claude Mourlevat / Pocket Jeunesse.
Titre La Rivière à l'envers, 1 : Tomek
Auteur Jean-Claude Mourlevat
Première édition française Pocket Jeunesse, 2000
Genre Roman d'aventures merveilleux, récit initiatique
Âge indicatif dès 10 ans

Thèmes principaux : voyage, amour, mémoire, mort, immortalité, pouvoir des mots, apprentissage.

L'envie d'aller voir ailleurs.

Orphelin, Tomek tient l'épicerie de son père et de son grand-père. Il y mène une vie tranquille, entouré de villageois qui lui font confiance, mais regarde avec envie les oiseaux migrateurs. Un soir, Hannah entre dans la boutique. Elle cherche la rivière Qjar, dont l'eau aurait le pouvoir d'empêcher de mourir. Son père avait acheté pour elle, lorsqu'elle avait six ans, une petite passerine devenue après sa mort le dernier vestige de leur vie commune. L'oiseau vieillit. Hannah veut le sauver.

Tomek tombe amoureux d'elle presque aussitôt. Après son départ, le vieil Icham lui apprend que la Qjar naîtrait dans l'océan puis remonterait jusqu'à la Montagne Sacrée. Tomek se met en route pour retrouver Hannah. Il espère aussi rapporter un peu de cette eau à Icham, qui vieillit.

Des règles qu'il faut apprendre.

La route traverse des lieux dont chacun possède sa loi. Dans la Forêt de l'Oubli, celui qui entre disparaît aussitôt de la mémoire des autres. Plus loin, le parfum de fleurs géantes plonge Tomek dans un sommeil de trois mois et dix jours. Il se réveille au village des Parfumeurs, puis traverse l'océan à bord de Vaillante. Après l'épreuve de l'Île Inexistante, il poursuit son chemin et atteint enfin la Qjar.

Jean-Claude Mourlevat prend pourtant le temps d'interrompre l'aventure pour écouter les personnages rencontrés. Marie raconte à Tomek l'histoire de Pitt. Hannah lui laisse une longue lettre où elle révèle la raison de son voyage. Bastibalagom, le capitaine, confie à son tour son passé. Ces récits ralentissent parfois la marche, mais ils donnent au voyage son épaisseur : Tomek découvre le monde en découvrant aussi les vies des autres.

Les mots qui réveillent.

Chez les Parfumeurs, cette place accordée aux histoires devient presque littérale. Les voyageurs endormis par les fleurs ne se réveillent que lorsque quelqu'un prononce leurs « Mots qui Réveillent ». Les habitants lisent donc des livres à leur chevet jusqu'à tomber sur la bonne formule. Pour Tomek, ce sera « sous le ventre du crocodile ». Pour Hannah, « il était une fois ».

L'idée est drôle et immédiatement compréhensible. Elle touche aussi au cœur du roman : les mots peuvent réveiller quelqu'un et lui rendre sa route.

Une seule goutte.

Tomek finit par retrouver Hannah au bord de la rivière. Ensemble, ils remontent son cours jusqu'au sommet de la Montagne Sacrée. L'eau qui empêche de mourir existe bien. Devant elle, les deux enfants s'interrogent sur ce que signifierait vivre toujours et décident de ne pas boire.

L'eau se dérobe à qui veut l'emporter. Tomek n'en retient aucune goutte. Hannah réussit seulement à en conserver une dans une bague, pour sa passerine. Au retour, l'oiseau la boit. Hannah imagine alors que la Qjar n'a peut-être coulé à l'envers que pour conduire cette goutte jusqu'à lui. Le roman laisse cette pensée en suspens.

Icham, lui, assure qu'il n'aurait jamais bu cette eau. Hannah revient ensuite auprès de Tomek et lui annonce qu'elle restera. Le garçon retrouve donc l'épicerie qu'il avait tant désiré quitter. Après un an de voyage, elle lui paraît toute petite.

Pour aller plus loin.

© Pocket Jeunesse · Jean-Claude Mourlevat.