Couverture de Sur les traces de Charles Darwin, de Jean-Baptiste de Panafieu, illustré par Vincent Desplanche (Gallimard Jeunesse).
© Vincent Desplanche / Gallimard Jeunesse.
Titre Sur les traces de Charles Darwin
Auteur Jean-Baptiste de Panafieu
Illustration Vincent Desplanche
Première édition française Gallimard Jeunesse, coll. « Sur les traces de… », 2004
Genre récit documentaire biographique illustré
Distinction prix La Science se livre 2006 (catégorie 9-14 ans)
Thèmes voyage scientifique, observation du vivant, évolution, histoire des sciences
Âge indicatif dès 10 ans

Cinq ans à bord du Beagle.

En 1831, Charles Darwin a vingt-deux ans. Il a abandonné ses études de médecine et envisage encore une carrière de pasteur lorsqu'on lui propose d'embarquer comme naturaliste sur le Beagle. Le navire doit cartographier les côtes de l'Amérique du Sud. Darwin souffre beaucoup du mal de mer, mais profite des escales pour explorer le Brésil, la Patagonie, les Andes et les Galápagos. Il recueille des plantes, des animaux, des fossiles et des roches.

Le récit accompagne aussi le retour en Angleterre. Darwin examine ses collections, consulte d'autres savants et poursuit son enquête pendant plus de vingt ans. En 1859, il publie L'Origine des espèces, où il expose le rôle de la sélection naturelle dans la transformation du vivant.

Une biographie qui change de forme.

Jean-Baptiste de Panafieu donne à cette vie savante l'allure d'un récit d'aventures. Les scènes dialoguées font entrer le lecteur dans les désaccords avec le capitaine FitzRoy et dans les raisonnements de Darwin. Vincent Desplanche le montre sur le pont encombré du navire, au milieu d'une forêt tropicale ou penché sur ses collections. Un épisode le voit même tenter de tenir en équilibre sur le dos d'une tortue géante.

À intervalles réguliers, des doubles pages documentaires prennent le relais de la narration. Elles associent cartes, photographies, gravures anciennes et schémas afin d'expliquer la société victorienne, la formation des atolls ou la sélection naturelle. Le passage de l'aventure à l'explication reste net, ce qui aide à suivre un sujet pourtant dense.

Une recherche faite de patience et d'échanges.

Le livre montre avec précision le travail quotidien du naturaliste. Darwin consigne l'origine de ses trouvailles et expédie ses caisses à son professeur John Henslow. Son assistant Syms Covington l'accompagne sur le terrain. Des spécialistes étudient ensuite les fossiles et les oiseaux rapportés. La théorie se dessine à partir de ces observations reprises et discutées.

Le récit accélère toutefois cette histoire lorsqu'il situe aux Galápagos une compréhension presque achevée de la transformation des espèces. Darwin a mesuré plus progressivement la portée de ses collectes, notamment après l'examen des oiseaux de l'archipel par John Gould en 1837.

Un savant de son temps.

Le portrait conserve quelques aspérités. Darwin condamne l'esclavage et s'indigne des violences commises contre les populations autochtones. Face aux Fuégiens, habitants de la Terre de Feu, il reprend pourtant les préjugés de la société britannique de son époque. Les dernières pages distinguent aussi la théorie biologique de l'évolution du « darwinisme social » qui a servi à légitimer des inégalités et le racisme.

Dense mais vivant, Sur les traces de Charles Darwin se lit volontiers par étapes. Sa réussite tient à la place accordée au travail réel de la science, avec ses hésitations et ses reprises. Le voyage ouvre le livre et l'enquête intellectuelle lui donne sa véritable direction.

Pour aller plus loin.

Jean-Baptiste de Panafieu, « Les enfants adorent les histoires vraies », entretien publié par Ricochet, sur son travail de documentariste et sur la manière de raconter les sciences.

© Gallimard Jeunesse · Jean-Baptiste de Panafieu · Vincent Desplanche.