Thèmes principaux : rêves d'enfance, routine, création, choix de vie.
Un homme que la ville efface.
Aleksander mène une existence réglée par le « métro, boulot, dodo ». Chaque matin, il cherche dans le miroir une nouvelle ride, puis part « affronter la foule ». Son travail l'ennuie. Il se rassure pourtant en répétant qu'il porte un costume et qu'il est devenu quelqu'un d'important.
Un soir, un ours immense lui barre la route. « Je suis Ours », lui dit-il. Aleksander le reconnaît : c'est l'animal de ses dessins d'enfance. Ours lui rappelle qu'il voulait devenir dessinateur et lui demande pourquoi il a renoncé. Aleksander évite la question. Le lendemain, l'animal revient et lui reproche de regarder sa vie passer sans agir.
Ours appelle alors Foxi, l'ancien doudou d'Aleksander. Le petit renard retrouve celui-ci seul dans un café. Il lui explique comment sortir d'un tourbillon : lorsque le mouvement ralentit, il faut « rebondir en oblique » pour remonter à la surface. Cette image prépare la décision qu'Aleksander prendra ensuite.
Ours, impossible à ignorer.
Les dessins à l'encre noire montrent une ville dense. Les façades sont couvertes de fenêtres et d'enseignes. Les trottoirs sont remplis de passants. Aleksander, petit personnage en costume, se fond dans cette foule. Les panneaux « One Way », qui reviennent au fil des pages, inscrivent la question de la direction dans le décor.
Ours occupe au contraire tout l'espace. Son corps bouche une rue et masque parfois une façade. Devant l'entrée du métro, l'image semble avoir du mal à le contenir. Les passants continuent pourtant leur chemin. L'album laisse en suspens la nature exacte de cette apparition. Pour Aleksander, Ours est bien réel : il reconnaît l'animal qu'il dessinait autrefois et qui lui rappelle, selon le récit, « celui qu'il aurait aimé être ».
Lorsqu'Ours lui demande de « remplir son espace » et de prendre sa place, l'image rend le conseil très concret. Aleksander doit cesser de se laisser absorber par la foule pour recommencer à choisir sa vie.
Changer de direction.
Après une nuit de réflexion, Aleksander modifie son trajet. Il prend le train, puis marche jusqu'à la maison d'une femme qui l'appelle « mon Alek ». Le livre garde le silence sur son identité. Elle se réjouit qu'il soit enfin venu chercher ses souvenirs. Dans les boîtes qu'elle a conservées, Aleksander retrouve notamment ses anciens dessins. Ce retour vers son enfance réveille son désir de créer.
Le lendemain, Foxi raconte qu'Aleksander a remercié son patron et lui a annoncé qu'il prenait « un autre chemin dans sa vie ». Son avenir professionnel demeure inconnu. Le récit montre surtout qu'il a décidé de rompre avec l'existence qui l'ennuyait.
Aleksander retrouve ensuite Ours et Foxi à la fête foraine. Les montagnes russes portent le nom de « Vortex ». Le tourbillon évoqué dans le café devient cette fois une attraction qu'il accepte de traverser avec ses compagnons.
La dernière phrase expose très directement le sens du récit, alors que les images l'avaient déjà rendu clair. Cette légère insistance mise à part, Ours à New York raconte avec justesse le moment où un adulte retrouve un désir ancien et décide de lui faire une place dans sa vie.
Pour aller plus loin.
Gaya Wisniewski, « Making of : Ours à New York », La Revue des livres pour enfants, n° 317, février 2021, p. 82-83. L'autrice y raconte la naissance du projet, son choix de New York et la fabrication des images en grand format.
« Feuilles de chaîne, épisode 14 : Ours à New York », Ricochet, 21 avril 2021. Une courte présentation filmée de l'album.
Le site de Gaya Wisniewski, où l'autrice présente ses albums et son travail d'illustratrice.
© Gaya Wisniewski · éditions MeMo.
