Couverture de Hulul, d'Arnold Lobel (L'École des loisirs).
© Arnold Lobel / L'École des loisirs.
Titre Hulul
Auteur et illustrateur Arnold Lobel
Traduction Geneviève Brisac (de l'anglais)
Titre original Owl at Home
Édition originale Harper & Row, New York, 1975
Première édition française L'École des loisirs, coll. « Mouche », 1976, dans la traduction de Geneviève Brisac
Genre Recueil de cinq récits illustrés
Âge indicatif à partir de 6 ans

Thèmes principaux : imagination, peur, solitude, humour, poésie du quotidien.

Cinq histoires dans une petite maison.

Le recueil réunit cinq histoires indépendantes. Un soir d'hiver, Hulul entend cogner à sa porte. Il suppose que l'hiver a froid et l'invite à entrer. La neige se rue dans la maison, éteint le feu et transforme le potage aux petits pois en glace verte. Hulul finit par le chasser, rallume la cheminée et reprend son repas.

Au moment de se coucher, deux bosses remuent sous sa couverture. Hulul retire les draps et découvre ses pieds. Dès qu'il se recouvre, les bosses réapparaissent : il ne relie pas ce qu'il vient de voir à ce qui l'effraie. Après avoir sauté sur le lit jusqu'à le briser, il descend dormir dans son fauteuil.

Ailleurs, Hulul prépare du thé aux larmes. Pour remplir la bouilloire, il pense à une chaise cassée, puis à tout ce qui se perd ou s'abîme, une cuillère tombée derrière le poêle ou un livre auquel il manque des pages. Une fois ses larmes chauffées, il boit le thé avec satisfaction. Il tente aussi d'être en même temps à l'étage et au rez-de-chaussée. Il monte et descend les vingt marches jusqu'à l'épuisement, puis s'assied sur la dixième, juste au milieu.

La dernière histoire l'emmène au bord de la mer. Voyant la lune conserver sa place dans le ciel pendant qu'il marche, Hulul croit qu'elle le suit. Un nuage la cache et il pense avoir perdu une amie. Lorsqu'elle reparaît devant la fenêtre de sa chambre, sa lumière suffit à le rassurer.

Le lecteur sait ce que Hulul ignore.

Le lecteur connaît l'origine des bosses et comprend que la lune ne suit pas réellement le promeneur. Le récit respecte pourtant le point de vue du personnage. Ses méprises provoquent le rire, tandis que sa peur ou son chagrin gardent toute leur vérité. L'explication raisonnable et l'imagination de Hulul restent présentes ensemble.

Les phrases brèves et les reprises rendent chaque raisonnement facile à suivre. Les paroles de Hulul nous conduisent au plus près de sa pensée. Le narrateur raconte simplement ses gestes et laisse le lecteur tirer ses propres conclusions. Celui-ci garde une longueur d'avance tout en restant du côté du personnage.

Des images à hauteur de Hulul.

Les illustrations accompagnent ce décalage avec douceur. Leurs couleurs assourdies donnent à la maison une chaleur un peu ancienne. Les yeux ronds de Hulul rendent ses émotions immédiatement lisibles. Quand l'hiver entre, les tourbillons occupent presque toute l'image. Face à la lune, le hibou devient une petite silhouette sous un vaste ciel.

Chaque histoire recommence sans transformer Hulul. Il demeure grave jusque dans l'absurde. Son attention aux objets délaissés va de pair avec sa capacité à faire de la lune une amie. Après le désordre, il retrouve toujours un coin où se reposer. On rit de sa logique sans le regarder de haut. Le lecteur a une longueur d'avance, mais le livre lui donne surtout envie de rester auprès de lui.

Pour aller plus loin.

Françoise Ballanger, « Les grandes petites histoires d'Arnold Lobel », dans La Revue des livres pour enfants, nos 193-194, juin 2000, p. 71-79. Une étude accessible sur la logique des personnages de Lobel, la place des peurs enfantines et le retour à la sécurité qui clôt plusieurs de ses histoires.

© Arnold Lobel · L'École des loisirs.