Motifs principaux : nuit, ville, retour à la maison, sommeil, imagination.
De quoi s'agit-il ?
Un petit lapin rentre dans les bras d'un adulte après une journée où il s'est bien amusé. Il dit qu'il n'a pas encore sommeil. Pourtant, autour de lui, la ville ralentit déjà. Le restaurant ferme, la librairie aussi, les rues se vident. Le récit suit ce trajet très simple, du dehors vers la maison. Rien ne presse vraiment. On avance dans une nuit calme avec ce regard d'enfant qui s'attarde sur tout ce qui brille encore.
Raconter par les fenêtres.
Akiko Miyakoshi raconte beaucoup par les fenêtres. Les façades sont dessinées dans des gris profonds, presque noirs. Les intérieurs, eux, apparaissent dans une lumière jaune, douce, parfois un peu floue. Ici, quelqu'un parle. Là, une odeur de cuisine semble traverser la rue. Plus loin, un monsieur se repose, des voisins font la fête, des gens se disent au revoir. On ne connaît pas leurs histoires. On les aperçoit seulement, comme l'enfant les aperçoit en passant.
Les personnages sont des animaux habillés comme des humains. Cette étrangeté légère donne à la scène une couleur de conte, mais les gestes restent très proches du quotidien. On ferme une boutique, on prépare le repas, on prend un bain, on lit quelques pages avant d'éteindre. La ville n'a rien d'un décor vide. Chaque fenêtre laisse deviner une fin de journée différente.
Le seuil du sommeil.
Quand le petit lapin arrive chez lui, son père les a rejoints en chemin. La journée se termine, il faut se préparer pour dormir. Mais la nuit continue d'entrer dans la chambre. Une fois couché, l'enfant entend des pas dehors : « Clip clap clip clap. » À partir de ce bruit, il imagine quelqu'un qui part à la gare, prend le dernier train et retrouve une ville lointaine. L'album garde cette scène dans le flottement. C'est peut-être vrai, peut-être seulement une pensée née juste avant le sommeil.
Pourquoi ce livre ?
Quand il fait nuit séduit par sa retenue. Il choisit un petit moment ordinaire et le regarde avec une attention rare : des lumières qui s'allument, d'autres qui s'éteignent, des vies que l'on devine depuis la rue. Pour de jeunes lecteurs, c'est une belle manière d'entrer dans la nuit. Elle ne coupe pas du monde. Elle apprend plutôt à l'écouter autrement.
© Syros · Akiko Miyakoshi.