Née en 1937 et formée à l'École des métiers d'art de Paris, May Angeli publie son premier livre pour enfants à La Farandole en 1961, puis rejoint le Père Castor en 1969. Elle y travaille dans une maison qui tient l'observation juste du monde pour une exigence. Cette formation ne la quittera plus. Ses carnets de croquis précèdent presque toujours ses albums.

C'est au début des années 1980 qu'elle se tourne vers la xylogravure, sans renoncer pour autant à l'aquarelle, à la gouache ou à l'encre. Le procédé est lent : il faut dessiner, reporter l'image à l'envers, creuser la planche, encrer, imprimer, puis tout reprendre pour chaque couleur. Elle en fait un langage, où les veines et les accidents du bois deviennent un ciel, un pelage ou de l'eau. Les Histoires comme ça de Rudyard Kipling, publiées au Sorbier entre 1992 et 1996, lui ouvrent ce qu'elle appelait une « porte gigantesque ».

Suivront une soixantaine de livres, dont plusieurs albums sans paroles où le récit passe entièrement par le cadrage et le mouvement, ainsi qu'une série d'ouvrages nés de ses séjours en Tunisie. En 2013, Des oiseaux, composé à partir de textes de Buffon, reçoit le Grand Prix de l'illustration.

Quelques années avant sa mort, elle avait donné à la Bibliothèque nationale de France plus de neuf cents dessins, planches et matrices. La BnF lui a consacré fin 2021 l'exposition May Angeli, les couleurs de l'enfance, prolongée l'année suivante par un hors-série de La Revue des livres pour enfants.